S’informer sur la maltraitance envers les personnes aînées
Reconnaître la maltraitance envers les personnes aînées et les personnes vulnérables
Ligne Aide Maltraitance Adultes Aînés (LAMAA)
-
-
7 jours sur 7
-
8 h à 20 h
-
Il y a maltraitance quand une attitude, une parole, un geste ou un défaut d’action appropriée survient dans une relation où il devrait y avoir de la confiance. Une situation de maltraitance peut être unique ou se répéter. On peut la reconnaître dans une relation avec une personne, une organisation ou une collectivité. La maltraitance cause, volontairement ou non, du tort ou de la détresse à une personne.
Dans cette page :
Types de maltraitance
Il existe sept types de maltraitance. Une même situation de maltraitance peut parfois combiner plusieurs types qui se manifestent en même temps :
Maltraitance psychologique
La maltraitance psychologique regroupe des attitudes, des paroles, des gestes ou des absences d’action appropriées qui nuisent au bien-être ou à l’intégrité psychologique, par exemple :
- exercer du chantage affectif, manipuler, humilier ou insulter;
- infantiliser la personne;
- proférer des menaces (verbales ou non verbales);
- priver la personne de son pouvoir de décision;
- surveiller la personne de façon excessive;
- tenir des propos discriminatoires (xénophobes, racistes, sexistes, homophobes, biphobes, transphobes, etc.);
- rejeter la personne, faire preuve d’indifférence ou d’insensibilité.
Ce type de maltraitance est le plus fréquent et le moins visible. Il accompagne souvent d’autres types et peut avoir de graves conséquences.
Maltraitance physique
La maltraitance physique regroupe les attitudes, les paroles, les gestes ou les absences d’action qui nuisent au bien-être ou à l’intégrité physique, par exemple :
- bousculer, brutaliser, frapper ou infliger des brûlures;
- forcer l’alimentation;
- administrer la médication de façon inadéquate;
- utiliser abusivement ou de manière inappropriée des mesures de contrôle physique ou chimique (contention ou médicaments);
- priver la personne de conditions raisonnables de confort, de sécurité, ou de logement;
- négliger une personne en situation de dépendance dont on est responsable (ne pas l’alimenter, ne pas assurer son hygiène de base ou ne pas la vêtir adéquatement).
Certains signes de maltraitance physique peuvent ressembler à des problèmes de santé. Dans le doute, n’hésitez pas à poser des questions.
Maltraitance sexuelle
La maltraitance sexuelle regroupe des gestes, des paroles, des attitudes à caractère sexuel non consenties ou une absence d’action qui nuisent au bien-être ou à l’intégrité sexuelle, par exemple :
- adopter des attitudes ou tenir des propos suggestifs, faire des blagues à caractère sexuel;
- maintenir une proximité inappropriée ou avoir des comportements exhibitionnistes;
- commettre des agressions à caractère sexuel (attouchements non désirés, relation sexuelle imposée);
- priver la personne de son intimité;
- empêcher la personne d’exprimer sa sexualité ou la considérer comme asexuelle.
Les troubles cognitifs peuvent entraîner une désinhibition ou des gestes sexuels inadéquats.
Maltraitance matérielle ou financière
La maltraitance matérielle ou financière consiste à obtenir ou utiliser de façon illégale, non autorisée ou malhonnête des biens ou des documents légaux d’une personne. Dissimuler une information ou fournir une fausse information financière et légale est aussi considéré comme de la maltraitance matérielle et financière, par exemple :
- faire pression pour modifier un testament;
- effectuer des transactions bancaires sans consentement (utilisation d’une carte bancaire, transactions électroniques) ou détourner des fonds ou des biens;
- demander un prix excessif pour des services rendus;
- faire signer un contrat ou une assurance sous pression ou de façon dissimulée;
- usurper l’identité d’une personne;
- faire signer un bail sous pression;
- gérer les biens sans tenir compte de l’intérêt de la personne ou la priver de biens essentiels;
- ne pas vérifier l’aptitude, la compréhension ou la littératie financière d’une personne.
Contrairement à la fraude, la maltraitance matérielle ou financière est exercée par une personne qui a un lien de proximité et de confiance avec la victime. Les personnes qui présentent une forme de dépendance envers quelqu’un (physique, émotive, sociale ou financière) risquent davantage de subir ce type de maltraitance. La maltraitance matérielle ou financière peut aussi nuire à la santé physique ou psychologique de la personne en limitant sa capacité à prendre ses responsabilités ou à répondre à ses besoins.
Maltraitance organisationnelle
La maltraitance organisationnelle survient lorsqu’une organisation (privée, publique ou communautaire) crée ou tolère des pratiques ou des procédures qui nuisent au bien-être des personnes, par exemple :
- exclure les personnes des prises de décision qui les concernent;
- ne pas respecter leurs choix ou limiter l’accès à des services ou des programmes d’aide sans justification adéquate;
- offrir des soins ou des services inadaptés aux besoins des personnes;
- ne pas donner de directives claires ou ne pas s’assurer de la compréhension par le personnel;
- imposer des procédures administratives trop complexes;
- offrir une formation inadéquate au personnel ou ne pas le mobiliser suffisamment.
La maltraitance organisationnelle peut se produire dans toutes les organisations et brimer les droits individuels et collectifs des personnes. Ces lacunes peuvent également nuire au travail du personnel chargé d’offrir des soins ou des services aux personnes.
Âgisme
L’âgisme est la discrimination fondée sur l’âge. Elle peut se manifester par des attitudes hostiles ou négatives, des gestes nuisibles ou l’exclusion sociale, par exemple :
- imposer des restrictions ou des normes en raison de l’âge;
- réduire l’accès à certaines ressources ou certains services;
- manifester des préjugés, infantiliser ou mépriser une personne en raison de son âge;
- ignorer ou tolérer des pratiques ou des propos âgistes lorsqu’on en est témoin.
Violation des droits
La violation des droits, est l’atteinte aux droits et libertés, individuels ou sociaux d’une personne, par exemple :
- imposer un traitement médical;
- refuser le droit de choisir, de voter, d’avoir son intimité, d’être informé(e), de prendre des risques ou des décisions, de recevoir des appels ou de la visite, de pratiquer sa religion ou sa spiritualité, d’exprimer son orientation sexuelle;
- ne pas informer ou mal informer une personne sur ses droits;
- ne pas assister une personne dans l’exercice de ses droits;
- empêcher une personne d’avoir accès à des soins ou des services auxquels elle a droit.
L’ensemble des types de maltraitance touchent la violation de droits. Quel que soit son âge, toute personne conserve pleinement ses droits. Seul un ou une juge peut déclarer une personne inapte et nommer une représentante ou un représentant légal. Même inapte, la personne garde ses droits, qu’elle peut exercer dans la mesure de ses capacités.
Pourquoi certaines personnes sont plus à risque
N’importe qui pourrait un jour subir ou faire subir de la maltraitance. Cependant, certains éléments liés à la personne augmentent le risque de vivre ou de faire vivre une situation de maltraitance :
Facteurs liés à la personne maltraitée
Certains éléments liés aux caractéristiques de la personne (aînée ou majeure en situation de vulnérabilité) ou à son environnement peuvent rendre une personne plus vulnérable.
Il existe ainsi des facteurs de risque et des facteurs de vulnérabilité propres à chaque personne.
Facteurs de risque (environnement et relations)
Ces éléments sont surtout liés à l’environnement de la personne et aux relations qu’elle entretient avec son entourage, par exemple :
- isolement social ou réseau peu développé;
- cohabitation avec ses proches ou partage du milieu de vie;
- conflits avec les membres de sa famille ou ses amis;
- tensions dans sa relation avec ses personnes proches aidantes;
- accès limité aux ressources;
- dépendance financière.
Facteurs de vulnérabilité (caractéristiques personnelles)
Ces traits individuels peuvent augmenter le risque d’être victime de maltraitance (sans entraîner automatiquement des situations de maltraitance), par exemple :
- troubles neurocognitifs majeurs;
- troubles mentaux;
- stress élevé ou faible capacité à gérer le stress;
- historique de violence ou de négligence;
- dépendance à l’alcool ou aux drogues;
- incapacités physiques;
- âge, sexe (le fait d’être une femme), ethnicité, état civil;
- faible revenu;
- niveau d’éducation;
- traits de personnalité (hostilité, passivité ou évitement);
- dépendance envers autrui.
Plusieurs facteurs combinés augmentent la vulnérabilité
Lorsque plusieurs de ces facteurs sont présents, la personne est encore plus vulnérable, donc risque davantage de vivre de la maltraitance. C’est souvent le cas des femmes aînées qui représentaient, en 2021, près de 54 % des personnes de 65 ans et plus. Les statistiques des dernières années montrent que les femmes aînées du Québec :
- représentent la majorité des victimes de maltraitance;
- sont plus pauvres que les hommes du même âge;
- vivent davantage seules en raison d’une espérance de vie plus longue que les hommes, mais plus souvent avec une incapacité les amenant à avoir besoin d’aide pour réaliser leurs activités quotidiennes;
- sont moins susceptibles que les hommes de recevoir l’aide dont elles ont besoin.
Facteurs associés à la personne maltraitante
La personne maltraitante peut être un proche (enfant, conjoint, conjointe, ami, amie), une personne aidante, un voisin ou une voisine ou un fournisseur de soins ou de services.
Certains facteurs peuvent augmenter le risque de devenir une personne maltraitante, mais sans entraîner automatiquement des situations de maltraitance, par exemple :
- hostilité;
- dépendance à l’alcool et aux drogues;
- dépendance fonctionnelle, émotionnelle ou financière envers la personne;
- perte d’emploi;
- troubles mentaux;
- troubles neurocognitifs majeurs;
- mauvaise santé physique;
- isolement ou le fait de vivre seul;
- stress ou fardeau associé au rôle de personne proche aidante;
- relation difficile entre la personne maltraitée et la personne maltraitante (par exemple, historique de violence familiale).
Pour obtenir de l’aide ou plus d’information
La Ligne Aide Maltraitance Adultes Aînés (LAMAA) est une ressource téléphonique d’écoute, de référence et d’accompagnement spécialisée en matière de maltraitance envers les personnes aînées et les adultes en situation de vulnérabilité.
- Vous croyez être maltraité(e)?
- Vous êtes témoin d’une situation de maltraitance?
- Vous avez un doute sur votre conduite envers une personne?
Appelez au 1 888 489-2287 ou consultez-le : lignemaltraitance.ca.
À consulter aussi
Dernière mise à jour : 20 février 2026